Albigeois
Habitants de la ville d'
Albi (département du Tarn). Cette ville était considérée comme un foyer hérétique depuis que
Saint Bernard y avait été reçu par un charivari. Le terme Albigeois (Albigenses) signifie aujourd'hui tous les
cathares du
midi de la France. Ils sont aujourd'hui distincts des
cathares italiens (Albanenses).
Apareilement ou Aparelhament
Rite mensuel s'apparentant à une confession publique et solennelle. Jean Duvernoy réserve ce rituel aux parfaits. C. Schmidt destine cependant celui-ci aux croyants et parfaits.
Cadré par le
rituel cathare, l'aparelhament était une véritable cérémonie qui pouvait cependant donner lieu à des punitions allant des oraisons accompagnée de génuflexions, aux jeûnes. L'absolution était donnée en masse.
Pour en savoir plus :
La religion des cathares
Jean Duvernoy
Editions Privat (deux tomes)
Baiser de paix ou Caretas
Pratique courante au moyen-âge.
«Cela fait nous reçumes la paix de ces parfaits, en les baisant deux fois sur la bouche en travers, puis nous nous baisâmes l'un l'autre de la même manière deux fois sur la bouche en travers.»
Extrait de
Le dossier de Montségur : interrogatoires d'inquisition 1242-1247
Déposition de Jourdain de Péreille
Textes traduits et présentés par Jean Duvernoy
Editions Pérégrinateur, 1998
Baptême
Bien que souvent utilisé comme critique à l'égard du
catharisme, le reniement du baptême chrétien n'est autre que la ferme conviction de l'impossibilité de donner un baptême à un jeune enfant, incapable d'effectuer un choix. Le Rituel n'impose nullement de renoncer à son baptême. Celui-ci est simplement considéré comme sans importance.
Cimetières
Bien que les corps étaient considérés comme l'oeuvre du diable par les
cathares, il semble qu'ils aient pratiqué l'enterrement comme les catholiques et dans les mêmes cimetières jusqu'à la
Croisade. Dans des cercueils de boif d'if ou des caissons en pierre, les corps étaient ainsi enfouis dans la terre. L'Inquisition ayant de nombreuses fois pratiqué le déterrement des cadavres afin de brûler les ossements, il est peu vraisemblable de penser que les cathares aient cherché une distinction visible des emplacements servant de cimetière. Jean Duvernoy nous présente
Puylaurens, Montesquieu et
Lordat comme des cimetières
cathares à part entière.
Comme les protestants du XVI
ème siècle, certains
cathares, en particulier des parfaits ont été enterrés dans des jardins privés.
Colombe
Totalement décriée comme
symbole cathare par Anne Brenon, il n'en reste pas moins que trois de ces symboles ont été trouvés sur des lieux ayant été marqués par le
catharisme :
Montségur (l'une en pierre et l'autre en terre cuite) et à l'entrée de la
grotte d'Ornolhac (en cuivre). La colombe du Saint-Esprit utilisée par les protestants du Midi serait une continuité de la colombe
cathare.
Consolamentum ou Consolament
Véritable passage entre l'état de croyant et celui de parfait ou parfaite
cathare, le
Consolamentum (ou Consolament) est l'événement le plus important de la
liturgie cathare. Il s'agit d'un baptême spirituel (opposé au baptême de Jean, utilisant de l'eau). Il est donné par l'imposition des mains, selon des rites s'apparentant à l'Eglise primitive (sans les éléments matériels tels que l'eau et l'onction d'huile).
Après avoir fait le
Melhorament, le croyant, à genoux se voyait réciter le
Benedicite, trois
Adoremus et Sept
Pater par le Parfait qui tenait la Bible sur sa tête. Ensuite, le début de l'Evangile de Jean était lu par l'officiant. Une imposition des mains était opérée par le parfait et tous les croyants présents à cette cérémonie. Après trois
Adoremus, le Parfait disait alors :
«Gratia Domini nostri Jesu Christi sit cum Omnibus vobis. Benedicite, parcite nobis, amen. Fiat secundum verbum tuum. Pater et Filius et Spiritus sanctus parcat vobis omnia peccata vestra».
Jean Duvernoy distingue le baptême des Parfaits, passage pour intégrer l'ordre des Parfaits, du baptême des Consolés, permettant aux mourants le rémission de leurs péchés. Bien que les rituels sont identiques, il est important de les distinguer du fait que les personnes ayant reçu le Baptême des Consolés et survivant à leurs blessures devaient le recevoir à nouveau pour intégrer véritablement le plan des Parfaits.
En cas de guerre, les croyants pouvaient contracter la
Convenenza, permettant ainsi de recevoir le
Consolamentum même en ayant perdu la parole.
«... Alors, à la demande de ce parfait, je me donnai à Dieu et à l'Evangile, et promis de ne plus désormais manger de viande, ni d'oeufs, ni de fromage, ni de gras sauf l'huile et les poissons, de ne plus jurer ni mentir de toute ma vie, et de ne pas abandonner la secte par peur du feu, de l'eau ou d'un autre genre de mort. Quand j'eus promis tout cela je dis le Pater Noster à la manière des parfaits. Quand je l'eus dit, les parfaits m'imposèrent le Livre sur la tête, et lurent l'Evangile de saint Jean. Après l'avoir lu ils me donnèrent la paix avec le Livre, puis avec la bouche, en me baisant deux fois sur la bouche en travers. Puis ils prièrent Dieu, en faisant beaucoup de venias et de génuflexions.»
Extrait de
Le dossier de Montségur : interrogatoires d'inquisition 1242-1247
Déposition de Guillaume Tardieu de la Galiole
Textes traduits et présentés par Jean Duvernoy
Editions Pérégrinateur, 1998
Convenenza
Du mot occitan signifiant
«accord», la
Convenenza était un pacte permettant de recevoir le
Consolamentum même si l'on avait perdu la parole.
«... pour le cas où nous serions blessés à mort et ne pourrions parler, qu'is nous recevraient et nous consoleraient, bien que nous eussions perdu la parole. Et ces parfaits promirent et firent alors le pacte avec moi et les autres femmes qu'is nous recevraient et nous consoleraient, bien que nous ne puissions parler.»
Extrait de
Le dossier de Montségur : interrogatoires d'inquisition 1242-1247
Déposition de Adalaïs, veuve d'Alzeu de Massabrac
Textes traduits et présentés par Jean Duvernoy
Editions Pérégrinateur, 1998
Croix cathare
Croix anthropomorphique, figurée schématiquement par une croix grecque surmontant un
V renversé (le Christ vivant étant les bras et les jambes). Cette croix présentée par René Nelli ne fait pas l'unanimité dans le monde des spécialistes ...
(Voir la
plate-forme n° 22, sur le symbolisme
cathare).
Croyants et Croyantes
Préfigurant l'état de Parfait, le simple croyant ne vit pas les mêmes contraintes que ceux-ci. Les croyants recevaient une première initiation, la tradition du
Pater, leur donnant ainsi le droit de dire cette prière. Les péchés des croyants n'étaient pas considérés comme très graves, du fait qu'ils n'étaient pas considérés comme libres.
Diacres cathares
Les Diacres
cathares avaient à leur charge l'
Aparelhament. Selon Jean Duvernoy, ceux-ci pouvaient avoir une responsabilité régionale. Les différents auteurs et historiens s'opposent sur le fait qu'il y ait existé ou non des Diaconesses, femmes assurant le rôle du Diacre.
Dualisme
Mitigé ou absolu, le dualisme est souvent présenté comme base fondamentale de la
pensée cathare.
L'hypothèse du dualisme mitigé repose sur une vision du monde dont un seul Dieu est le créateur. Le diable ne serait autre qu'une création de ce dieu qui se serait corrompu lui-même, utilisant son libre arbitre. Celui-ci est très important dans ce courant de pensée. En effet, l'homme est alors libre de faire le bien ou le mal. De ses actions, il est jugé et obtient le paradis ou des peines éternelles.
La vision du dualisme absolu est plus éloigné du christianisme. Deux dieux se partagent la création. Le Dieu bon est créateur de tout l'invisible, de l'incorruptible et de la spiritualité. Le Dieu mauvais est la source de tout mal, dont le monde matériel. Les hommes sont des anges déchus, enfermés dans un véhicule matériel, leurs corps. Les âmes sont sauvées en brisant le cycle des réincarnations, en comprenant véritablement le Bien et le Mal.
Les
cathares languedociens sont aujourd'hui considérés comme des dualistes absolus.
Endura
Mot occitan signifiant
jeûne. Celui-ci était volontaire. L'
Endura n'était cependant pas obligatoire et elle ne constitue nullement une particularité
cathare.
(Voir la
plate-forme n° 21, sur l'
Endura).
Évangiles
Les quatre évangiles constituaient le fondement de la
pensée cathare. L'Évangile de Jean était particulièrement employé, en particulier lors de la cérémonie du
Consolamentum. Le passage alors lu à voix haute débutait de
«In principio» et se terminait à
«gratia et veritas per Jesum Christum facta est». L'Évangile de Jean présente de nombreux caractères dualistes tels que les oppositions lumière / ténèbres, vérité / mensonge, ... La traduction occitane de l'Évangile de Jean, appelée
Nouveau Testament de Lyon, indique de façon très instructive l'interprétation que les
cathares faisaient des Écritures.
Evêques cathares
Toujours assistés d'un fils majeur et d'un fils mineur, les évêques avaient à leur charge une région déterminée. Il y aurait eu quatre évéchés
cathares dans le
midi de la France :
Toulouse,
Carcassonne,
Albi et du Razès (créé en
1226, lors du concile
cathare de Pieusse). Raynier Sacconi, en
1250, parle aussi d'une église à Agen, qui aurait - selon lui - disparu.
Fils mineur et fils majeur
Le fils majeur était généralement une stade préparatoire à la charge d'évêque. Le fils mineur quant à lui représentait le plus souvent l'étape précédant le poste de fils majeur. Ils peuvent être considérés respectivement comme second et premier vicaire.